Marchés de Prédiction au Québec : Polymarket et Kalshi sont-ils Légaux en 2026 ?

Les marchés de prédiction connaissent une popularité croissante en Amérique du Nord. Des plateformes comme Polymarket ou Kalshi ont contribué à faire connaître un principe relativement simple : acheter un contrat dont la valeur dépend du résultat d’un événement futur.

Élections, économie, taux d’intérêt, événements sportifs ou divertissement : les sujets proposés sont très variés.

Mais pour un utilisateur québécois, une question devient rapidement essentielle : ces marchés de prédiction sont-ils autorisés au Québec ?

La réponse demande quelques nuances. Au Québec, les autorités distinguent les contrats liés au sport et au divertissement des contrats portant sur certains événements économiques ou financiers.

Marchés de prédiction au Québec avec Polymarket, Kalshi et réglementation en 2026

Qu’est-ce qu’un Marché de Prédiction ?

Un marché de prédiction permet d’acheter ou de vendre des contrats événementiels dont le résultat dépend d’un événement futur.

Le fonctionnement peut prendre la forme d’une question à laquelle il faut répondre par « oui » ou « non » :

  • la Banque du Canada va-t-elle modifier son taux directeur ?
  • un candidat remportera-t-il une élection ?
  • une équipe gagnera-t-elle une compétition ?
  • un événement économique déterminé se produira-t-il avant une certaine date ?

Une fois l’événement terminé, le contrat est réglé selon le résultat prévu par ses conditions.

L’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF) précise que ces contrats peuvent concerner le sport, le divertissement, l’économie, la finance, l’environnement, la politique ou encore la géopolitique.

Les Marchés de Prédiction sont-ils Autorisés au Québec ?

À l’heure actuelle, aucun marché de prédiction n’est autorisé à exercer ses activités au Québec ou ailleurs au Canada, selon l’AMF.

Cette affirmation mérite toutefois une précision importante.

Certains contrats événementiels peuvent être considérés comme des produits financiers ou des instruments dérivés. Des courtiers canadiens ont ainsi été autorisés à faciliter l’accès de leurs clients à une gamme limitée de contrats proposés sur des marchés de prédiction réglementés à l’étranger.

Selon l’AMF, ces contrats autorisés dans ce contexte limité concernent actuellement certains événements :

  • économiques,
  • financiers,
  • environnementaux.

Cela ne signifie pas qu’un marché de prédiction étranger devient lui-même autorisé au Québec.

Sport et Divertissement : une Situation Plus Claire

Le 27 août 2026, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) et l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) ont apporté de nouvelles précisions.

Selon leur avis, les contrats événementiels liés au sport ou au divertissement ne devraient pas être réglementés comme des valeurs mobilières ou des produits dérivés.

L’OCRI précise également qu’il ne considère pas approprié d’autoriser ses courtiers membres à faciliter la négociation de ce type de contrats.

Cette distinction est importante pour les joueurs québécois : un contrat portant sur le résultat d’un match de hockey n’est donc pas traité de la même manière qu’un contrat portant, par exemple, sur une décision future de la Banque du Canada.

Le document officiel peut être consulté sur le site des Autorités canadiennes en valeurs mobilières.

Que Dit Loto-Québec ?

À la suite de ces nouvelles orientations, Loto-Québec a publié un communiqué le 27 août 2026 pour rappeler sa position.

La société d’État indique que les marchés de prédiction proposant au Québec des contrats liés au sport et au divertissement ne constituent pas une offre de jeu autorisée dans la province. Elle rappelle que lotoquebec.com demeure le seul site de casino et de paris sportifs autorisé par la province.

Cette position est cohérente avec la distinction que nous appliquons aux casinos en ligne accessibles depuis le Québec : la possibilité d’accéder techniquement à une plateforme ne signifie pas que cette dernière possède une autorisation du gouvernement québécois.

Polymarket et Kalshi sont-ils Légaux au Québec ?

Les noms Polymarket et Kalshi sont fréquemment associés au développement des marchés de prédiction en Amérique du Nord. Mais leur notoriété ou leur réglementation dans une autre juridiction ne suffit pas à leur donner une autorisation au Québec.

L’AMF est claire sur le principe général : aucun marché de prédiction n’est actuellement autorisé à exercer ses activités au Québec ou ailleurs au Canada.

Il faut donc éviter une confusion fréquente :
une plateforme étrangère réglementée ≠ plateforme autorisée au Québec.

La situation peut également varier selon la catégorie exacte du contrat et la manière dont un investisseur canadien y accède. Certains courtiers réglementés peuvent donner accès à une sélection limitée de contrats étrangers, mais cela ne revient pas à autoriser l’ensemble d’une plateforme de prédiction au Canada.

Marché de Prédiction ou Pari Sportif : Quelle Différence ?

La frontière peut sembler mince. Un pari sportif consiste à miser auprès d’un opérateur sur le résultat d’une compétition ou d’un événement sportif.

Un marché de prédiction utilise plutôt des contrats dont la valeur évolue en fonction de l’anticipation d’un événement futur. Les participants peuvent parfois acheter et revendre ces positions avant que le résultat définitif ne soit connu.

Mais le format financier d’un produit ne suffit pas à déterminer son statut juridique. C’est précisément pourquoi les autorités canadiennes ont apporté des précisions en 2026 : certains contrats peuvent relever du droit financier, tandis que les contrats liés au sport ou au divertissement n’entrent pas dans ce même cadre.

Pourquoi les Marchés de Prédiction Présentent-ils des Risques ?

Au-delà de la question juridique, l’AMF identifie plusieurs risques.

Des Gains Inégalement Répartis

Les marchés de prédiction nécessitent de l’analyse, des connaissances et une part importante d’incertitude. L’AMF cite une étude de 2026 selon laquelle une faible proportion d’utilisateurs concentrerait une part importante des gains, alors qu’une majorité enregistrerait des pertes.

Un Risque de Liquidité

Certains contrats peuvent être peu négociés. Un utilisateur souhaitant revendre une position importante peut donc avoir des difficultés à trouver suffisamment d’acheteurs ou être contraint d’accepter un prix défavorable.

Des Règles Parfois Ambiguës

Le résultat d’un contrat dépend de la manière dont l’événement a été défini au départ. Une formulation imprécise peut entraîner des désaccords sur la question de savoir si l’événement prévu s’est réellement produit.

Des Risques Technologiques

Certaines plateformes utilisent des cryptoactifs ou des technologies basées sur la chaîne de blocs. Cela peut ajouter des risques liés aux portefeuilles numériques, aux transactions irréversibles, aux erreurs de manipulation ou aux cyberattaques.

Comment Vérifier une Plateforme Depuis le Québec ?

Avant d’envoyer de l’argent vers une plateforme de prédiction, plusieurs vérifications sont utiles :

  • identifier l’entreprise qui exploite réellement le service,
  • vérifier l’autorité qui réglemente cette entreprise,
  • ne pas confondre une autorisation étrangère avec une autorisation québécoise,
  • examiner précisément la nature du contrat proposé,
  • vérifier les conditions de dépôt et de retrait,
  • comprendre comment le résultat du contrat sera déterminé,
  • consulter les avertissements éventuels des autorités canadiennes.

L’accessibilité d’un site depuis une adresse IP québécoise ne constitue jamais, à elle seule, une preuve de légalité ou d’autorisation.

Cette précaution est similaire à celle que nous recommandons pour vérifier la portée d’une licence de la Kahnawake Gaming Commission.

Et les Contrats Financiers ?

C’est le point qui rend la question des marchés de prédiction plus complexe que celle des casinos en ligne.

Les ACVM et l’OCRI indiquent que deux courtiers membres de l’OCRI ont été autorisés à faciliter l’accès à un ensemble limité de contrats événementiels négociés sur des marchés étrangers réglementés.

L’AMF précise que cela concerne des contrats fondés sur certains événements économiques, financiers ou environnementaux.

Par exemple, un contrat concernant l’évolution d’un indicateur économique n’est pas nécessairement traité juridiquement comme une prédiction sur le résultat d’un match sportif.

Ces autorisations sont encadrées et peuvent évoluer. Elles ne doivent donc pas être interprétées comme une légalisation générale des marchés de prédiction au Canada.

Une Réglementation Encore en Évolution

Le cadre canadien des marchés de prédiction continue d’évoluer.

En avril 2026, les ACVM et l’OCRI avaient déjà rappelé que les contrats constituant des valeurs mobilières ou des dérivés devaient respecter la réglementation applicable.

Le nouvel avis du 27 août est venu préciser la situation des contrats sportifs et de divertissement.

Les autorités poursuivent leur analyse concernant d’autres catégories de contrats événementiels. Une information valable aujourd’hui peut donc être précisée ou modifiée à mesure que le cadre réglementaire canadien se développe.

Ce qu’il Faut Retenir au Québec

Pour un utilisateur québécois, quatre points permettent de résumer la situation en septembre 2026 :

  • aucun marché de prédiction n’est actuellement autorisé à exercer ses activités directement au Québec ou ailleurs au Canada,
  • les contrats liés au sport et au divertissement ne sont pas considérés par les autorités canadiennes comme des produits devant être encadrés par la législation sur les valeurs mobilières ou les dérivés,
  • certains courtiers canadiens peuvent faciliter l’accès à une sélection limitée de contrats étrangers portant sur des événements économiques, financiers ou environnementaux,
  • au Québec, lotoquebec.com demeure le seul site de casino et de paris sportifs légalement autorisé par la province.

Les marchés de prédiction se situent ainsi à la frontière de plusieurs secteurs : investissement, spéculation et jeu. Leur présentation sous la forme de contrats financiers ne signifie pas qu’ils sont autorisés au Québec.

Avant d’utiliser une plateforme comme Polymarket, Kalshi ou tout autre marché de prédiction, il est essentiel de vérifier son statut réglementaire actuel et la nature exacte du contrat proposé.

Pour toute activité liée aux jeux de hasard, il est important de conserver des limites financières raisonnables. Consultez notre page consacrée au jeu responsable pour connaître les principaux conseils et ressources disponibles au Québec.

Mise à jour : le 14 septembre 2026 par Stéphane Bertrand

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